L’approche d’un existant peut être intimidante : il faut lui rendre hommage et le valoriser tout en l’adaptant aux usages et aux exigences réglementaires contemporaines. Le hameau de la Jamétrie à Vigneux-de-Bretagne – en périphérie de Nantes – est une ancienne ferme en pierre, un ensemble vernaculaire de petites bâtisses accolées entouré de terres agricoles. Légèrement à part, une longère du XIXe siècle, ancien grenier à foin, fait l’objet d’un changement de destination pour accueillir une habitation. Afin d’augmenter le volume habitable, Figura réalise une surélévation et une extension de la longère, tout en respectant au mieux ses proportions et sa forme existantes.
Pour ce faire, l’équipe de conception commence par recenser tous les éléments constitutifs de l’architecture de la bâtisse – l’épaisseur des nus, les proportions des ouvertures, les éventuels alignements, les linteaux en pierre, le revêtement de la toiture, sa pente, etc., afin d’être en mesure de concevoir l’extension et la surélévation de manière fidèle avec l’existant. Ces composants sont établis en vocabulaire architectural et deviennent les points de référence du projet.
À titre d’exemple, des prototypes colorimétriques des enduits chaux-sable sont réalisés avec le maçon pour atteindre une teinte d’une grande proximité avec celle de la construction d’origine. Les ouvertures quant à elles sont volontairement disposées sans alignement, dans le respect de l’architecture existante. Une maquette de recherche de matérialité est effectuée au trentième et différentes maquettes de détails sont fabriquées pour dialoguer avec les artisans. Elles visent deux objectifs. Elles permettent de communiquer les clés de compréhension de l’objectif final et l’essence du projet aux entreprises. Elles cherchent aussi à attirer leur attention sur les détails techniques stratégiques qui resteront visibles après la livraison, afin d’assurer leur bonne exécution et la garantie d’une esthétique brute et soignée.
En effet, Figura tient à réduire le recours à des habillages qui constituent à la fois une dépense de matière et un effacement de la réalité constructive. L’économie réalisée sur les postes superflus de second-œuvre est partiellement reportée sur l’exigence qualitative de l’exécution des détails essentiels. Autant que dans la justesse du dessin, le travail de l’architecte se déploie par le développement d’outils au service de la réflexion formelle et de la discussion interprofessionnelle.







