Le projet de rénovation énergétique du Théâtre Universitaire de Nantes se veut être un manifeste du réemploi. L’ajout de l’isolation devient l’opportunité d’une relecture architecturale centrée sur la matière. S’appuyant sur la structure existante en béton, le projet propose une isolation en matériaux biosourcés par l’extérieur, sur laquelle vient se fixer des éléments préfabriqués en ossature bois, habillés d’un assemblage de bardeaux aux textures et origines variées vibrant de façon différente selon leur brillance. Disposés en écaille, ces pièces sont issues de matériaux récupérés sur site ou en provenance d’autres gisements (alu-dibond, pales d’éoliennes, panneaux de polycarbonate, membranes bitumineuses redécoupées, etc.). Cette composition soignée permet de jouer avec les reflets, les opacités et les transparences. L’enveloppe ainsi recomposée donne au bâtiment une nouvelle identité, sensible et expressive, sur plus de 2000 m² de surface.
Ce projet est à la fois un défi et un engagement que les architectes souhaitaient relever depuis longtemps. Elles ont décidé de le proposer en cohérence avec la programmation culturelle du lieu. Le caractère manifeste du projet tient autant à ses ambitions qu’à son processus de mise en œuvre, révélateur du soin et de la rigueur qui caractérisent leur pratique. Un tel chantier demande en effet patience et précision, notamment dans le dialogue avec les bureaux d’études et la maîtrise d’ouvrage pour l’identification, le stockage et la découpe des matériaux réemployés — cette dernière faisant l’objet d’un lot spécifique.
A la rénovation thermique s’adjoint une intervention fonctionnelle sur la partie hall portant sur la gestion des flux et l’identification des différents espaces. Des éléments colorés permettent le repérage de la billetterie, du bar et de la salle principale depuis l’extérieur. Le réemploi de tôles ondulées, évoquant les drapés d’un rideau de scène, habille ces nouvelles signalétiques, tout en s’intégrant à un travail de reprise acoustique des parois.



