Afin de favoriser la densification plutôt que l’étalement urbain, la mairie de Savennières a divisé un ancien jardin viticole en lisière du centre historique en trois lots à construire.
Le jeune couple acquéreur, très sensible à l’impact environnemental des constructions, fait appel à Fleuve pour imaginer sa maison bioclimatique en ossature bois, remplissage paille et enduit terre. La première rencontre a lieu sur site. S’en suivent trois propositions d’implantation qui permettent d’effectuer certains choix.
L’implantation est élaborée en concertation avec les nouveaux propriétaires de la parcelle voisine et l’architecte des bâtiments de France ; les deux maisons sont mitoyennes mais leurs pignons sont décalés pour ménager l’intimité de chacun·e. La typologie est simple et compacte, inspirée des bâtisses locales à étage. Le toit est à double pente, en ardoise, et accueille une lucarne. Les percements sont sobres mais contemporains ; des châssis de forme carrée aux nus de façade variables animent le pignon Est. La verrière du rez-de-chaussée Sud assume une horizontalité sur le jardin, rythmée par des montants verticaux. Tous répondent aux besoins en termes d’usage, de luminosité, d’ensoleillement, et leur positionnement permet une régulation des apports de chaleur et de fraîcheur. Une pergola en acier galvanisé, support d’une future treille de vigne, traverse la façade Sud de part en part, pour protéger la verrière des surchauffes estivales.
La maison est composée de quatre unités principales qui s’articulent autour d’un escalier central qui sépare les différentes spatialités sans clore les pièces. C’est un objet sculptural autonome composé de deux volées, la première fait office de socle en pisé et la seconde est un caisson en contreplaqué de chêne, qui fait écho à la structure en ossature bois du bâtiment. Les pièces de jour sont au rez-de-chaussée. Le salon dispose d’une double hauteur. Les chambres se trouvent à l’étage.
Afin de travailler une conception adaptée aux savoir-faire et aux usages locaux, le charpentier en charge de l’ossature bois – installé dans une commune voisine – est intégré au projet dès l’esquisse. Le projet est conçu avec lui et selon ses habitudes, le bois est issu d’une scierie locale. L’artisan qui réalise l’enduit terre – avec des mélanges qu’il prépare lui-même – est directement voisin du projet. Le planning tient compte de l’hygrométrie de la région : les bottes de paille doivent être posées par temps sec – c’est pourquoi le mois de mai a été retenu. L’enduit terre suit avant l’été, pour sécher avant les trop fortes chaleurs. Le chantier est exploratoire ; beaucoup de choses se discutent avec les entreprises, s’étudient entre les réunions et se valident sur place, ce qui permet de laisser aux artisans des marges de manœuvre pour qu’ils travaillent à leur manière et selon leurs habitudes, et de gagner ainsi tant en qualité de réalisation et en vitesse d’exécution, qu’en coût de travaux. L’idée de “local” dépasse la dimension strictement matérielle et climatique : il s’agit avant tout d’histoires humaines.










